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Entre 1880 et 1914, on rencontre des joueurs de violon dans l'ensemble
de la Haute-Bretagne, mais également dans quelques terroirs de
Basse-Bretagne : le Goëlo, une partie du Trégor, le Pays
de Pontivy, et des témoignages attestent la présence de
violoneux, sur la côte léonarde, à Douarnenez, en
Pays Bigouden, en Pays de Lorient, à Groix...
Haute-Bretagne
Les enquêtes réalisées ont permis de découvrir
un nombre important de violoneux entre 1880 et 1910. On pouvait compter
1 à 2 musiciens voire plus, sur une même commune.
Dans une grande partie de l'Ille-et-Vilaine et en Loire-Atlantique,
le violon est vers 1900 le seul instrument populaire de tradition ancienne
(l'accordéon, déjà présent partout, ne s'est
implanté que dans le dernier tiers du XIXème
siècle). Il a supplanté progressivement la veuze.
Preuve de l'ancienneté de cette tradition instrumentale, les
dynasties de musiciens sur plusieurs générations sont
nombreuses, ainsi les Labbé originaires de Merdrignac, les Trémaudant
en pays de Combourg, violoneux de père en fils depuis les années
1840.
A l'est, en Pays de Fougères, de Vitré, et de Châteaubriant,
le violon est aussi en usage, et des duos se sont formés : un
concours organisé par l'Union Régionaliste Bretonne en
1910 à Argenté-du-Plessis comprend trois catégories
: violon, clarinette, duo violon-clarinette. Ces duos semblent avoir
existé également entre 1880 et 1900 dans le Léon
et en Pays Bigouden.
Les violoneux des Côtes-d'Armor gallo côtoient les vielleux
et, dans le Mené, les clarinettistes, mais jouent rarement en
duo avec eux. Le plus souvent, la pratique de l'un exclut l'autre.
En Presqu'île guérandaise et en Pays de Retz, vers 1900,
violoneux et derniers veuzous se côtoient. Le « Rouge
de Bréca », célèbre veuzou briéron,
sonnait des deux instruments, mais sortait plus fréquemment son
violon.
Basse-Bretagne : Le Trégor
Au pays de Morlaix et à la « presqu'île »
(Pleubian-Lézardrieux), violons et clarinettes, se partagent
le territoire de façon homogène et le domaine de l'un
n'empiète qu'exceptionnellement sur celui de l'autre.
Au nord de la route Lannion-Guingamp, c'est le violon qui accompagne
la danse, alors qu'au sud de cette route on trouve surtout des instruments
à anche.
À la fin du XIXème siècle,
avant l'invasion imminente des accordéons diatoniques qui bouleversent
le paysage musical, les trois instruments les plus populaires en Trégor
sont la clarinette, la vielle et le violon.

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