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Les enquêtes effectuées ces dernières années
permettent de se faire une idée de l'aire de jeu de la veuze
entre 1850 et 1914. La tradition orale a gardé le souvenir de
plus de 40 sonneurs en activité à cette période.
L'aire de jeu de la veuze englobe une zone ayant approximativement Nantes
pour centre, allant au nord-ouest jusqu'à la Vilaine, de son
estuaire jusqu'à Redon ; la limite nord s'infléchit pour
atteindre, à l'est, Nort-sur-Erdre ; elle descend ensuite vers
la Loire, puis au sud, jusqu'à Saint-Gilles-Croix-de-Vie en passant
par Montaigu.
Cette zone correspond donc grosso modo l'actuel département
de la Loire-Atlantique et le Nord-ouest de la Vendée.
L'aire de jeu est donc assez vaste, mais les témoignages se
concentrent principalement dans deux régions de très forte
implantation : la Presqu'île guérandaise et le Marais breton
vendéen, où la tradition s'est maintenue jusqu'aux années
1920.
La tradition biniou-bombarde était présente jusqu'à
la Vilaine. Les deux pratiques étaient donc contiguës. Mais
veuzous et sonneurs de binious gardaient leur spécificité
et ne jouaient pas ensemble.
Dans les autres terroirs de cette zone, Pays Nantais et Pays de Retz,
la veuze a disparu plus tôt, dans la seconde moitié du
XIXème siècle.
La persistance de la veuze en Presqu'île est sans doute due à
la diffusion limitée des nouvelles danses et au maintien de traditions
très enracinées. Les communautés se situaient dans
des isolats géographiques : zones de marais avec très
peu de voies carrossables, qui se retrouvaient souvent inondées.

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