Collecter et transmettre 1970-1980
   
   

• Sonnerie de sortie d'église


• Sacristain

 

 

 

 

 

 

Il faut attendre la décennie 1970 pour que de véritables enquêtes systématiques auprès des derniers sonnous d'violon soient entreprises dans toute la Haute-Bretagne. Une quarantaine de musiciens sont ainsi enregistrés. Il est hélas trop tard en Basse-Bretagne pour rencontrer d'anciens sonneurs, déjà tous disparus.

Les jeunes musiciens qui mènent les recherches (Yves Defrance, Dominique Jouve, Pierrick Lemou, Yvon Rouget, Jacques Chauvet...) découvrent avec grand intérêt les particularités des styles de jeu des violoneux traditionnels et se mettent à leur école, écoutant notamment Elie Guichard, de Trémeur, dont la maîtrise et l'allant sont appréciés de tous, ou Edmond Trémaudant (près de Combourg).

Elie Guichard a repris son instrument sous l'impulsion de Jean Mahé et de son association la Guédenne de Dinan. En 1975, celle-ci édite un 33-tours qui lui est consacré, La noce à Trémeur, premier document important sur le violon en Bretagne, puis en 1976 un 45-tours en l'honneur de Joseph Morin, des Champs-Géraux (22).

Quatre ans plus tard, grâce aux enquêtes d'Yves Defrance, l'association La Bouèze publie un 33-tours, Violoneux traditionnels en Bretagne, qui dresse un premier bilan sur cette pratique instrumentale. Par la suite, un double album plus complet, Sonneurs de violon traditionnels en Bretagne, sera publié par les éditions Chasse-Marée / ArMen.

Presque totalement ignoré du mouvement des cercles celtiques pendant les années 1940-1960, le violon ne retrouve un rôle pour sonner les danses bretonnes qu'après 1970. Lors de la vague folk, dans le sillage du mouvement lancé par Stivell, nombre de groupes de fest-noz l'intègrent dans leur formation, mais les joueurs s'inspirent des techniques de jeu classiques ou de celles du jazz, et plus encore du style brillant des fiddlers irlandais : à cette époque, bien peu de jeunes musiciens imaginent que des violoneux bretons puissent vivre encore, qui pourraient de surcroît avoir quelque chose à leur apprendre !

L'influence irlandaise des années 1980
Eternel recommencement, Archétype, un ensemble constitué de six joueurs bretons, a choisi de mettre en valeur tous les aspects du violon populaire... avec des arrangements évoquant parfois des musiques savantes !

La nouvelle génération de violoneux, qui a parfois intégré des groupes de musique traditionnelle Bretons, est influencée par les techniques de jeu inspirées des « fiddlers » irlandais au travers du mouvement folk. Elle a aussi su adapter parfois au violon les techniques et les ornementation pratiqués sur d'autres instruments traditionnels.