L'omniprésence du violon XIXème siècle
   
   

• Avant-deux pillotées de Combourg


• Suite de maraîchines

 

  La pratique de l'instrument va, semble-t-il, progresser tout au long du XIXème siècle. Il réussit à s'implanter partout où d'autres instruments perdaient de leur importance.

Dans le domaine de la chanson, signalons deux gravures d'Olivier Perrin, datant d'environ 1800, et reproduites dans Breiz-Izel. Il y trace le portrait de ces chanteurs quimpérois, vendeurs de feuilles volantes qui s'accompagnaient d'un « aigre violon ».

Les très nombreuses relations de fêtes de la période révolutionnaire et de la Restauration nous apprennent que le violon est, avec le « biniou » (ou la « musette ») et le « hautbois », l'instrument le plus souvent cité. Mais quel était le répertoire joué.

Le bal est animé généralement par un seul violon, parfois plusieurs ; peuvent s'y adjoindre un « hautbois » (Jugon, 1817), une « musette » (Callac, 1821), des vielles (Matignon, 1810).

En 1872, le service militaire devient obligatoire pour tout le monde.

C'est alors un brassage d'idées, de mœurs et de population qui va s'effectuer sur toute la France. Les airs et danses à la mode sont très rapidement diffusés et l'image du violon, instrument moderne de réjouissance, n'en sera que renforcée. Dans les villes de garnison, on danse les derniers quadrilles parisiens à la mode. Violon et danses nouvelles seront vite copiés, assimilés et transformés par les paysans.

Entre 1880 et 1914, le violon est omniprésent en Bretagne, rares sont les régions qui ne comptent aucun sonnou (en parler gallo) de violon, ou violonser (en breton).

On en dénombre des centaines sur l'ensemble du Pays gallo, mais ils ne sont plus présents en Basse-Bretagne que dans le nord du Trégor, le Goélo, le pays de Pontivy, le pays de Lorient, la côte léonarde et à Douarnenez..

Dans la majeure partie de l'Ille-et-Vilaine, c'est la seule tradition musicale ancienne encore vivante, mais autour de Vitré et de Fougères on rencontre des duos violon-clarinette. A l'ouest de Rennes, le violon règne en maître, et les familles, voire même les dynasties de joueurs, n'y sont pas rares. Le Méné et ses alentours sont de véritables pépinières de violoneux.

Au fur et à mesure que l'on remonte vers le nord-ouest, il perd son monopole, concurrencé par la vielle.

En Loire-Atlantique, le violon est là aussi omniprésent, et sa pratique a presque entièrement supplanté celle de la veuze.