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Deux maraîchines sur des airs du XVIIIème
siècle

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L'origine du violon est incertaine.
Au Moyen Age, il existe plusieurs instruments à cordes frottées
par un archet : la vièle, le rebec, la viole, etc. Le violon adopte
la forme que l'on connaît aujourd'hui au début du XVIème
siècle. Il est mis au point par les luthiers de Crémone, dans le nord
de l'Italie, dont les ateliers réputés seront marqués
par un certain Stradivari (1644-1737) et son stradivarius.
Après avoir été l'instrument des musiciens de rue à
Paris et dans toutes les grandes villes d'Europe, il est adopté
par l'aristocratie, et les musiciens savants (musique écrite) ne
le quitteront plus.
De quand date le violon en Bretagne ?
Au XVIIIème siècle, le violon
est en usage dans plusieurs milieux sociaux. Il est en vogue dans la musique
savante, on l'entend dans les fêtes et les bals officiels, et les
maîtres à danser l'utilisent pour enseigner « pas
d'été » et contredanses aux nobles et aux bourgeois.
C'est également l'instrument principal de la « corporation
des menestriers », qui réglemente la profession de joueur
d'instrument.
Corporations et associations de musiciens
En effet, dès le XIVème siècle,
les ménétriers s'organisent en corporations dans plusieurs
villes de France. Leur chef qui porte le titre de « Roi »,
est chargé, entre autres, de faire respecter les droits et privilèges
des musiciens. On en trouve un exemple précis en 1703 à
Brest. En l'absence de corporations, les ménétriers peuvent
passer des contrats d'association.
L'Ancien Régime : les premières
traces en Bretagne
Si l'existence de ces corporations et associations atteste bien la présence
du violon dès le XVIIème en
milieu urbain, la consultation des vieux dictionnaires bretons nous donne
aussi quelques bribes d'information sur sa pratique en milieu rural. A
cette époque, l'instrument a supplanté le rebec (violon
à trois cordes), dont un joueur est attesté à Huelgoat
en 1562. Mais le rebec jouissait probablement d'une grande popularité
: les dictionnaires de breton des années 1710-1740 donnent encore
rebetaer pour violonneur.
Il s'agit des ouvrages de Grégoire de Rostrenen (1732), de Dom
Le Pelletier (manuscrit de 1716, publié en 1752) et de Cillart
de Kerampoul (1744). Ces dictionnaires ayant été conçus
dans des régions distinctes de Cornouaille, du Léon et du
Vannetais, c'est par conséquent dans trois dialectes que le vieux
terme rebet (violon) a été conservé jusqu'au début
du XVIIIème siècle. Cela nous
donne une idée de l'ancienneté des instruments à archet,
ainsi que de la popularité dont ils jouissaient sur l'ensemble
du territoire bas-breton.
En ce qui concerne le Trégor, un document de la même époque
(1721) montre là encore que le violon y était connu et utilisé.
Il s'agit des minutes du procès fait à un moine débauché,
Dom Capitaine. Toujours dans le Trégor, en 1731, le clergé
fait du violon un usage plus respectable en l'introduisant dans l'orchestre
de la cathédrale de Tréguier, jusqu'alors composé
uniquement d'instruments à vent.
Instrument privilégié de la corporation des ménétriers,
le violon connaît très tôt un usage populaire en Bretagne.
Nombre de témoignages mentionnent la présence de joueurs
dans les fêtes, tant en Haute qu'en Basse-Bretagne, dès la
fin du XVIIème siècle. De
même, le violon est cité dans de nombreux compte-rendus de
fêtes révolutionnaires, attestant sa profonde implantation
vers 1800.

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