Fiche instrument
 
 
   
 
La concurrence de l'accordéon 1914-1945
   
   
• Polka


• Balancière de Langueux


  La guerre 14-18 marque un coup d'arrêt important aux traditions de la société paysanne. De nouvelles conditions socio-économiques et culturelles apparaissent et déstabilisent progressivement des modes de vie anciens. Les fêtes et les réjouissances populaires commencent à prendre de nouvelles formes.

D'abord, la Bretagne sort complètement exsangue de la guerre. Nombre de sonneurs y ont perdu la vie. Les années 1920 voient se poursuivre et s'accentuer l'exode rural commencé une soixantaine d'années plus tôt.

Dans le même temps, le clergé des campagnes continue de condamner les danses de « frotte nombril » (danses en couple) et, par là-même, les sonneurs qui les provoquent.

De même, pour beaucoup de sonneurs, le mariage les oblige désormais à mettre un terme à leur pratique musicale.

Enfin, le piano mécanique – avec ses airs parisiens –, très présent dans les bistrots des bourgs, ainsi que l'accordéon (diatonique, puis chromatique avec le style « musette » des années 1930) bouleversent profondément les habitudes musicales et de danse. L'accordéon a vite séduit une jeunesse qui s'ouvre aux modes venues de la ville.

Durant cette période de l'entre-deux-guerres, la vielle est peu à peu supplantée par l'accordéon et les « jâzes », mais les vielleux mènent encore des cortèges de noces en accompagnant les chants. Beaucoup apprennent l'accordéon et jouent des deux instruments.

Les bicyclettes prolifèrent, ce qui raccourcit les distances et permet aux jeunes d'aller plus loin chercher des divertissements… mais aussi aux sonneurs de mener des noces plus loin de chez eux. Toutes ces nouveautés technologiques installent de nouvelles habitudes : les réjouissances se modifient et l'oreille s'habitue à de nouvelles sonorités.

La vielle intègre le mouvement folklorique

Dans l'entre-deux-guerres des groupes folkloriques se constituent, essentiellement en milieu urbain.

Mais, seule la tradition de Basse-Bretagne y est reconnue comme authentiquement bretonne (ou celtique), et, au niveau instrumental, ne sont autorisés que trois instruments : biniou, bombarde et tambour.

Les groupes costumés défilent dans les fêtes et font des prestations sur des podiums. La culture traditionnelle est devenue un spectacle. Ces groupes ont permis la formation de sonneurs et de bons danseurs qui ont continué, à leur manière, à perpétuer la tradition.

Il faut attendre 1935 pour voir se créer à Rennes le premier groupe gallo-breton, où la vielle fait son apparition. Elle est adoptée après la guerre 39-45 par une dizaine de groupes d'Ille-et-Vilaine et de la partie gallo des Côtes-d'Armor, avec parfois l'aide de vielleux routiniers (Victor Gautier, Adrien Cardin, Bernard Gauçon, José Reux...). Plusieurs d'entre eux sont enregistrés à l'occasion. Une « Confrérie des vielleux » a même existé, mais de manière éphémère.