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Polka
Balancière de Langueux
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La guerre 14-18 marque un coup d'arrêt
important aux traditions de la société paysanne. De nouvelles
conditions socio-économiques et culturelles apparaissent et déstabilisent
progressivement des modes de vie anciens. Les fêtes et les réjouissances
populaires commencent à prendre de nouvelles formes.
D'abord, la Bretagne sort complètement exsangue de la guerre. Nombre
de sonneurs y ont perdu la vie. Les années 1920 voient se poursuivre
et s'accentuer l'exode rural commencé une soixantaine d'années
plus tôt.
Dans le même temps, le clergé des campagnes continue de condamner
les danses de « frotte nombril » (danses en couple) et,
par là-même, les sonneurs qui les provoquent.
De même, pour beaucoup de sonneurs, le mariage les oblige désormais
à mettre un terme à leur pratique musicale.
Enfin, le piano mécanique avec ses airs parisiens ,
très présent dans les bistrots des bourgs, ainsi que l'accordéon
(diatonique, puis chromatique avec le style « musette » des
années 1930) bouleversent profondément les habitudes musicales
et de danse. L'accordéon a vite séduit une jeunesse qui
s'ouvre aux modes venues de la ville.
Durant cette période de l'entre-deux-guerres, la vielle est peu
à peu supplantée par l'accordéon et les « jâzes
», mais les vielleux mènent encore des cortèges de
noces en accompagnant les chants. Beaucoup apprennent l'accordéon
et jouent des deux instruments.
Les bicyclettes prolifèrent, ce qui raccourcit les distances et
permet aux jeunes d'aller plus loin chercher des divertissements… mais
aussi aux sonneurs de mener des noces plus loin de chez eux. Toutes ces
nouveautés technologiques installent de nouvelles habitudes : les
réjouissances se modifient et l'oreille s'habitue à de nouvelles
sonorités.
La vielle intègre le mouvement folklorique
Dans l'entre-deux-guerres des groupes folkloriques se constituent, essentiellement
en milieu urbain.
Mais, seule la tradition de Basse-Bretagne y est reconnue comme authentiquement
bretonne (ou celtique), et, au niveau instrumental, ne sont autorisés
que trois instruments : biniou, bombarde et tambour.
Les groupes costumés défilent dans les fêtes et font
des prestations sur des podiums. La culture traditionnelle est devenue
un spectacle. Ces groupes ont permis la formation de sonneurs et de bons
danseurs qui ont continué, à leur manière, à
perpétuer la tradition.
Il faut attendre 1935 pour voir se créer à Rennes le premier
groupe gallo-breton, où la vielle fait son apparition. Elle est
adoptée après la guerre 39-45 par une dizaine de groupes
d'Ille-et-Vilaine et de la partie gallo des Côtes-d'Armor, avec
parfois l'aide de vielleux routiniers (Victor Gautier, Adrien Cardin,
Bernard Gauçon, José Reux...). Plusieurs d'entre eux sont enregistrés
à l'occasion. Une « Confrérie des vielleux »
a même existé, mais de manière éphémère.

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