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Fiche instrument
 
 
   
 
De l'organistrum à la vielle à roue XIIème-XVIIème siècles
   
   
• Danses royales (composition anonyme du XIIIème siècle)


• Branle de la Haye / Branle de l'Official


• Branle Gay


 

  Le plus lointain ancêtre de la vielle est l'organistrum, dont les premières attestations iconographiques en Espagne et en Normandie remontent aux XIIème et XIIIème siècles. Il servait à soutenir le plain-chant et les polyphonies de la musique d'église.

Plus long que la vielle actuelle, l'organistrum se jouait à deux musiciens, l'un tournant la manivelle, l'autre jouant les notes.

Au XIIIème siècle lui succède peu à peu la synfonie (ou chiffonie), le mot vièle, orthographié ainsi, désignant, jusqu'au XVème siècle, un instrument à archet.

Jouée par un seul musicien, et de ce fait plus maniable, la chiffonie trouve désormais sa place parmi les nombreux instruments utilisés par les troubadours, les trouvères et surtout les jongleurs. Ces musiciens itinérants véhiculent chansons de geste et ballades dans toute l'Europe, aussi bien sur les places de villages que dans les châteaux.

Dès cette époque les mendiants et les aveugles adoptent l'instrument - qui prendra bientôt le nom de vielle - et l'emmènent sur les routes d'Europe, ce qui contribue à le discréditer, en en faisant pour longtemps un des symboles du musicien marginal. Pourtant, la vielle n'a pas été qu'un instrument de mendiant.

A la fin du Moyen Age, et surtout pendant la Renaissance, elle est utilisée dans toutes les couches de la société. Associée à la cornemuse, elle est déjà l'instrument de la danse et des réjouissances populaires. La vielle est connue dans toute l'Europe, sa zone d'extension allant de l'Espagne à la Russie.

Au XVIIème siècle, quelque peu retombée dans l'oubli, elle reste aux mains des mendiants. D'ailleurs, des artistes de renom, tels Callot ou de la Tour, immortalisent cette image du « vielleux mendiant ».