Le renouveau de la harpe celtique 1900-1970
   
   
• Ye banks an' braes o'Bonnie Doon





 

  La pratique de la harpe a complètement disparu en Bretagne pendant plusieurs siècles, même si au XIXème des auteurs romantiques bretons (Brizeux, Souvestre…) la mentionnent dans leurs écrits comme symbole de l' « esprit celtique ».

Au début du XXème siècle, les milieux régionalistes souhaitent aussi introduire un instrument « celtique » moins rustique que le couple biniou-bombarde dans leurs manifestations. Ainsi, on entendra le harpiste Paul Diverres accompagner ses chants à la harpe lors du Gorsedd des druides de 1912.

En 1936, Gildas Jaffrenou construit sa première harpe celtique, une copie de l'instrument de l'Ecossaise Eloïse Russell-Ferguson, venue donner quelques concerts en Bretagne en 1934. Il fait également des recherches sur les anciennes harpes irlandaises.

A Paris, le luthier Martin, puis Jord Cochevelou le suivent dans cette voie. Et c'est Alan Cochevelou (le futur Alan Stivell) qui inaugure le prototype de son père, en 1953, à la Maison de la Bretagne à Paris.

C'est dans cette ville que le mouvement harpistique breton prend véritablement son essor dans les années 1950. Il s'y crée la première école de harpe, sous la direction artistique de Denise Mégevand, harpiste parisienne classique qui se passionne pour cet instrument et devient le professeur des harpistes de la Telenn Bleimor et d'Alan Cochevelou.

Durant cette même décennie, toujours à Paris, Erwanez Galbrun, en 1950, introduit l'instrument dans le cercle celtique qu'elle dirige. Puis, l'année 1953 voit la naissance de la Telenn Bleimor, formation issue du mouvement scout.

La Telenn Bleimor durera de 1953 à 1972 et formera Maryvonn Bléjean, Armel Le Sec'h, Rozenn Guilcher, Madalen Buffandeau, Kristen Nogues, Brigitte Baronnet, Mariannig Larc'hanteg, Françoise Johannel, Gwenola Gourlet, Mariannig Le Floc'h. La plupart de ces harpistes sont devenues professionnelles.

Alan Stivell, locomotive de la vague folk des années 1970, fait connaître la harpe dans le monde entier, ce qui a pour effet de revigorer sa pratique dans certains pays celtiques, tel l'Irlande ou l'Ecosse.