La harpe médiévale IXème-XVème siècles
   
   
• Le lai d'Aélis

 





 

Instrument favori des bardes, puis des ménestrels, la harpe connaît une vogue extraordinaire au Moyen Age, avant d'être détrônée au XVème siècle par le luth.

Elle n'est devenue d'usage courant qu'à partir du VIIIème ou du IXème siècle dans les pays celtiques (Irlande, Ecosse, Pays de Galles), puis nordiques ; l'Irlande, bien des siècles plus tard, fera d'elle son emblème national.

En Bretagne, la charte du cartulaire de Quimperlé nous apprend que le duc Hoel de Cornouaille avait à son service, en 1069, un certain Cadiou « cytharista », ou que Norman était « citharedus » à la cour du duc Conan II (1040 - 1066) de la maison de Rennes. Il semble bien que ces deux bardes bretons jouaient de la harpe.

Les mots « harpe », « harper », « harpeur » apparaissent ensuite dans de nombreux textes tout au long du Moyen Age et sont employés, par exemple, dans les adaptations françaises des « lais bretons » de Marie de France ou de Chrétien de Troyes.

Un des rôles de la harpe consiste à accompagner ces lais, longs poèmes chantés, en vogue dans les cours européennes dès le XIème siècle. Par la suite, ils deviendront la trame de nombre de chansons populaires.

Toutefois, il apparaît difficile de valider la thèse d'une harpe bretonne avec des caractéristiques propres, aucun instrument, ni traité, ni tablature n'ayant subsisté. Toute trace en a été perdue depuis la fin du Moyen Age.

On peut penser que la harpe qu'on a entendue à cette époque est la même que celle rencontrée dans les autres régions de France et d'Europe du Nord, c'est-à-dire un instrument petit et léger avec une caisse de résonance en bois creusée dans la masse et cordée en boyau (quelquefois cuir, soie ou crin) et appelée, pour la différencier, harpe « gothique ».