Aux origines du biniou actuel Fin XVIIIème-début XIXème siècles
   
    • Suite de ridées du pays d'Allaire


 

 



  A la fin du XVIIIème siècle, à partir de la période révolutionnaire, mentions et descriptions se font plus nombreuses.

Elles attestent de l'importance de la pratique d'un hautbois et d'une cornemuse - nommée « veuze », « biniou » ou « musette »... - souvent (mais pas toujours) joués en couple, notamment dans le Finistère où, selon Cambry, en 1794 « le tambourin, le hautbois, la musette sont les instruments du pays ». Il précise que ces derniers sont appelés « bombarde et bigniou ». Mais, au fil des relations de fêtes de l'époque, apparaissent également violons et vielles...

Les témoignages deviennent de plus en plus précis, et on peut distinguer dès le début du XIXème siècle deux traditions de cornemuse en Bretagne : l'une, implantée à l'est, et surtout au sud-est, concerne un instrument à long chalumeau généralement nommé « veuze » ; l'autre englobe toute la Basse-Bretagne, l'ouest et le sud-ouest de la Haute-Bretagne. Là on joue d'une cornemuse ayant un chalumeau court : c'est le biniou actuel.

C'est l'artiste Olivier Perrin qui, vers 1800, réalise à Quimper les premiers dessins de couples de sonneurs avec des instruments comparables à ceux d'aujourd'hui. La seule différence avec la formation musicale actuelle provient de la présence fréquente d'un joueur de tambour, disparu depuis.

Ces illustrations sont-elles le reflet d'une subite apparition d'un levriad (chalumeau) court ? Est-ce un choix délibéré des musiciens eux-mêmes, et à quelle époque s'est-il produit ? Est-ce dû au fait que certains sonneurs, comme le célèbre Matilin an Dall (Mathurin Furic, 1789-1859), pouvant jouer sur les deux octaves de la bombarde, la tessiture aiguë de la cornemuse - analogue à cette seconde octave - permettait à la phrase musicale de se développer sans baisse d'intensité lors des réponses du biniou seul ?

Les hypothèses sont nombreuses, et en tout cas invérifiables. Force est de constater que la plupart des représentations croquées sur le vif postérieures à 1820 mettent en scène des instruments ayant un petit levriad. En outre, le plus ancien levriad connu actuellement date des années 1830, et il est, de par sa taille, analogue à ceux d'aujourd'hui.