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Les choses changent dans l'immédiat après-guerre avec
l'essor rapide de la Bodadeg Ar Sonerion, l'Assemblée
des sonneurs (ou BAS), créée en 1943 par une poignée
de passionnés de musique bretonne dont Polig Monjarret, principal
animateur de ce mouvement.
Mais si la BAS met en valeur le répertoire traditionnel, elle
privilégiera une autre formule instrumentale avec la généralisation,
début 1949, des bagadoù : ces ensembles, inspirés
des pipe-bands d'Ecosse, comprennent des bombardes, des tambours et
des binious braz, inspirés du Great Highland bagpipe (introduit
en Bretagne dans l'entre-deux-guerres).
On prend alors l'habitude de différencier le biniou traditionnel « biniou
kozh » (vieux) du nouveau biniou « biniou nevez »
puis « biniou braz » (grand), qui sera définitivement
remplacé par le Great Highland bagpipe dans les années
1955-1960.
Polig Monjarret, avec Jeff Le Penven, est aussi le premier à
entreprendre une enquête auprès des derniers sonneurs de
couple, dans les années 1940, afin de recueillir leurs airs,
et le premier aussi à faire remarquer qu'il existe des styles
de jeu différents selon les régions, et à inciter
les jeunes musiciens à en tenir compte.
Un des co-fondateurs, Dorig Le Voyer, se fait luthier et produit un
grand nombre d'instruments pour répondre à la demande
toujours croissante des nouveaux adeptes.
Les concours
Al'initiative des fondateurs et responsables de la BAS, les sonneurs
de couple amorcent leur retour malgré l'explosion des bagadoù,
notamment par le biais des concours. Ainsi, Gourin, désormais
considéré par beaucoup comme la capitale des sonneurs
de couple biniou-bombarde, est depuis 1956 un rendez-vous incontournable
de la musique bretonne avec son célèbre championnat de
Bretagne.
On assiste également à la création d'un nouveau
couple de sonneurs utilisant la grande cornemuse du bagad, associée
à la bombarde.
Des mainteneurs
Au début des années 1950, quelques anciens sont restés
fidèles au couple biniou-bombarde, comme par exemple le Cornouaillais
Gus Salaün, associé à ses fils.
Ces anciens sauront inspirer de jeunes sonneurs comme Per Guillou, Yvon
Palamour, Pierre Le Beuz, les frères Couët ; mais d'autres
sonneurs ne seront redécouverts que dans les années 1970
: le Cornouaillais Lannig Guéguen, le Vannetais Jean Magadur,
les gallos Léon et Eugène Donnio, et d'autres encore.
Ils acceptent de transmettre leur savoir aux sonneurs de la nouvelle
génération. Ainsi, Jean Magadur, fameux sonneur de bombarde
de Carnac émigré en Normandie, effectue son retour à
Gourin en 1972 à l'âge de 64 ans, accompagné par
Patrick Malrieu de plus de 30 ans son cadet.
Les quelques jeunes initiés par ces anciens peuvent ainsi assurer
le relais. Leur attachement à produire une musique de style va
grandement favoriser le renouveau du couple biniou-bombarde.

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