De l'âge d'or au déclin des sonneurs de biniou et bombarde Fin XIXème-début XXème siècle
   
    • Gavotte de Guémené


• Jabadao











  Déjà fort nombreux dans la première moitié du XIXème siècle, selon divers écrits de l'époque, les sonneurs de biniou et bombarde vont connaître leur âge d'or fin XIXème - début XXème siècle.

Les enquêtes menées ces dernières décennies ont permis d'en répertorier plus de 750 entre 1880 et 1930, et ce sur une vaste aire de jeu qui va d'une ligne partant de Brest jusqu'au sud de Saint-Brieuc (Plœuc, Moncontour) pour redescendre vers le pays de Questembert et la presqu'île de Rhuys. L'accompagnement instrumental de la danse au biniou-bombarde, bien implanté dans la Basse-Cornouaille, va peu à peu gagner les terroirs où les danses étaient menées au chant, en Cornouaille intérieure et en Haute-Cornouaille. Désormais, il ne peut y avoir de « belle noce » sans ces deux instruments. En Vannetais, ce duo est déjà omniprésent depuis fort longtemps. Concernant le Pays gallo, on le trouve bien implanté autour de Loudéac, Plœuc, Moncontour.

Après une forte expansion vers 1880-1900, la tradition biniou-bombarde semble à son apogée au tournant du XXème siècle.

Le déclin
Après la Première Guerre mondiale, les sonneurs qui n'avaient pas hésité à se mettre au goût du jour en intégrant, par exemple, des valses à leur répertoire, ont bien du mal à rivaliser avec les orchestres accordéon-batterie (et autres instruments) qui fleurissent un peu partout, et jouent les airs à la mode venus de Paris, qui séduisent la jeunesse. Le monde rural s'ouvre à la « modernité », reçoit les influences de la ville, et les mentalités, les goûts, commencent à changer fortement. Ceci est d'autant plus accentué par la politique systématique d'éradication des langues et « patois » régionaux.

Mais chaque terroir breton vit cette mutation à un rythme différent.

Les couples biniou-bombarde restent encore appréciés en Basse-Cornouaille, en Pays Pourlet et autour de Loudéac, mais leur nombre diminue. En Vannetais bretonnant, ils parviennent mieux à se maintenir.

Pour les noces, les instruments traditionnels restent à l'honneur durant la journée, mais le soir est consacré au bal kof ha kof (ventre à ventre), expression désignant les danses en couple comme la polka, la valse, le tango, etc., qu'anime un orchestre.

Face à ces profonds changements culturels, le duo biniou-bombarde ne subsistera plus qu'en quelques rares endroits à la veille de la Seconde Guerre mondiale.