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Il y a 2300 ans, selon certains chercheurs contemporains, les armées
d'Alexandre Le Grand auraient popularisé, dans tout l'Orient
et le Moyen-Orient, un instrument à anche, à poche d'air
et tuyaux sonores, probablement d'origine grecque. Les légions
romaines prirent le relais, emportant avec elles, à travers l'Europe,
l'utricularius.
La poche d'air a remplacé une technique respiratoire en usage
depuis fort longtemps dans diverses civilisations : l'insufflation continue,
qui permet de faire entendre une mélodie sans interruption, les
joues du joueur servant de réserve d'air. Cet art continuera
encore à être pratiqué en Europe avec plusieurs
instruments (launeddas de Sardaigne, alboka basque).
Depuis l'Antiquité, la zone de jeu de la famille des cornemuses
s'est stabilisée. Elle englobe toute l'Europe, une partie du
Moyen-Orient et de l'Inde, le nord et l'est de l'Afrique.
Avec le temps, des différences importantes dans la conception
des instruments apparaitront, qui permettront de les regrouper par types.
Peuvent varier : le nombre et la position du (ou des) hautbois, du (ou
des) bourdons ; le diamètre et la perce conique des tuyaux (qui
influent sur le niveau sonore et le timbre) ; les modèles d'anches
; les hauteurs relatives des bourdons ; la tessiture et le tempérament
du tuyau mélodique (chalumeau) ; le type d'insufflation (bouche
ou soufflet) ; le décor des différents éléments.
Sur notre continent, deux grands groupes d'instruments vont se développer
: à l'est, le chalumeau sera généralement cylindrique
et utilisera une anche simple ; à l'ouest (Espagne, France, Grande-Bretagne,
Italie), il sera le plus souvent conique et possèdera une anche
double. Seule exception, la boha, cornemuse gasconne dont le
chalumeau aura une anche simple.

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