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Gavotte Montagne
Avant-deux de travers
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bibiEn Bretagne, l'accordéon
est considéré, avec le biniou et la bombarde, comme l'un
des instruments rois de la musique traditionnelle, et nombre de disques
bretons lui sont consacrés. Comment en l'espace de cent ans, l'instrument
« moderne », honni des folkloristes, a-t-il pu devenir,
de façon bien inattendue, un des piliers de la musique bretonne
?
En vogue dans les salons bourgeois vers la fin des années 1830,
la version populaire de l'accordéon apparaît à la
fin des années 1860 - début des années 1870 en Bretagne.
Vers 1890, les sonneurs de biniou, bombarde et tambour («
l'orchestre national breton »), mais aussi ceux de
veuze, vielle, violon ou clarinette, instruments implantés depuis
des décennies, voire des siècles, dans la vieille terre
d'Armorique, se voient soudain concurrencés par un moderne appareil
qui se répand comme une traînée de poudre, envahissant jusqu'aux
moindres communes : l'accordéon diatonique.
Quarante ans plus tard, c'est l'accordéon chromatique qui s'impose
avec la même rapidité, supplantant souvent son prédécesseur.
La montée en puissance de l'accordéon coïncide avec
le déclin, en quelques décennies, de la vieille civilisation
rurale. Selon les époques, les lieux, les personnalités
des sonneurs, les codes culturels et sociaux traditionnels régissant
les fêtes et les danses en usage sont encore en place, ou, au contraire,
en train d'être bousculés, voire totalement remis en cause
au profit des modes venues des villes.

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