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Bal de l'Aven

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A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le chromatique a supplanté
peu ou prou tous les autres instruments populaires en Bretagne, à
l'exception de la clarinette en Pays plin et fisel, et de l'accordéon
diatonique çà et là, propageant partout les modes
parisiennes. De plus, dès le début des années 1930,
les joueurs de chromatique avaient créé des orchestres
pour animer les bals de noces ou les bals des « salles de danse »,
lieux forts prisés et en pleine expansion. Ces nouvelles formations,
appellées « jazz-bands », comprennent au
moins trois musiciens, jouant chromatique, batterie (ou jâze),
et selon les cas, saxophone, clarinette, violon, banjo... Bientôt
innombrables, elles portent des noms exotico-américains : Novelty's,
Modern 'jazz, Celesto's, Baby Orchestra, Paimpolic jazz, Coco jazz...
Jusque-là, comme la plupart des ménétriers, les
accordéonistes diatoniques exerçaient une double activité
(tenanciers de bistrot, artisans, journaliers...), mais les joueurs
d'accordéon chromatique doivent rentabiliser le coût fort
élevé de leur instrument. Apparaissent alors de véritables
musiciens professionnels.
Parmi ces musiciens, certains sont de vrais virtuoses : ils marqueront
profondément leurs contemporains. A Scrignac, ce sera notamment
le cas d'Yves Menez, dit « Pierre Min »,
(né en 1905), génial créateur et adaptateur de
gavottes pour l'accordéon chromatique, intégrant rythmes
syncopés, chromatismes, etc., sans jamais gêner le rythme
propre à cette danse.
Imprégné dès son enfance par les airs des chanteurs de
kan ha diskan ou des joueurs de treujenn-gaol du pays, Yves Menez
apprend l'accordéon, et en joue dans les bals parisiens, où
il est parti travailler vers 1930. De retour au pays en 1935, il devient
vite réputé et fonde l'Idéal Jazz.
Toute la Montagne va bientôt danser au son du chromatique de Pierre
Min. Entre 1935 et 1950, se crée autour de lui, intuitivement
, une « école de jeu » qui perpétuera
pendant toute une génération son style, ses airs, et donc
un riche répertoire de gavottes. On y trouve Jean Coatéval,
Guy Maltret, Yves Le Gac... ; les « gavottes à
Pierre Min » sont jouées partout, de Brasparts
à Callac, avec, dès cette époque, des variantes
!
Ce remarquable musicien à la forte personnalité n'a, hélas,
été enregistré qu'à la fin de sa vie, dans
les années 1970, alors qu'il avait cessé de pratiquer
depuis de longues années.

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