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Gavotte Montagne

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L'accordéon chromatique n'aura
besoin que de quatre à cinq ans pour s'imposer, entre 1930 et 1935.
Les modèles à claviers mixtes - diatonique main droite,
chromatique main gauche - n'ont fait qu'une brève apparition. En
général, les musiciens sont passés directement du
diatonique « deux rangs, huit basses »
au chromatique, qui a de 60 à 120 basses au clavier main gauche, et de
45 à 70 boutons monosonores au clavier main droite.
A l'est de la Haute-Bretagne, n'adoptent le chromatique que des jeunes
fermement décidés à imposer les danses modernes (marches,
javas...) au détriment des avant-deux, scottisches et autres mazurkas
interprétés par les sonneurs de violon, de clarinette, ou
de diatonique. Quand ceux-ci cesseront d'animer les noces, dans les années
1940, les joueurs de chromatique ne maintiendront pas le répertoire
local ancien. Il en ira de même en Trégor.
A l'Ouest de la Haute-Bretagne, généralement là où
les danses en rond continuent d'exister, de même que dans le Vannetais,
le chromatique vient en complément des autres instruments. Ses
praticiens incarnent tout naturellement le rôle du sonneur traditionnel
- certains ont déjà mené des noces au diatonique
- et inventent sur leur clavier un jeu adapté pour mener en dro,
ridées ou ronds.
En Basse-Cornouaille, l'un des anciens fiefs des sonneurs de couple, les
joueurs de chromatique prennent leur place et interprètent leurs
airs. Le brillant répertoire biniou-bombarde local se joue beaucoup
plus facilement sur un clavier de chromatique que sur celui, bi-sonore,
du diatonique. Mais dès les années 1940, les gavottes seront
délaissées au profit des airs parisiens. En Haute-Cornouaille,
le chromatique, très vite omniprésent, devient l'instrument
obligé pour interpréter les gavotttes, contribuant à
maintenir le répertoire ancien bien au-delà de la Seconde
Guerre mondiale.

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