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Durant l'entre-deux-guerres, la musique traditionnelle s'efface peu
à peu devant l'arrivée de nouvelles danses en couple qui
séduisent la jeunesse.
En une génération, les modes de la ville ont conquis les
campagnes, bouleversant profondément la société
rurale. Autour de l'accordéoniste se cristallise alors l'évolution
de la musique instrumentale. Mais chaque région de Bretagne la
subit, ou la mène à son rythme et à sa façon, et
les décalages peuvent être importants d'un « pays »
à l'autre. Le diatonique achève de s'implanter, dans les
années 1920, dans les zones jusque-là rétives,
notamment en Haute-Cornouaille, où il ne parvient toutefois pas
à s'imposer.
Beaucoup d'accordéonistes tiennent leur répertoire des
sonneurs de couple, de vielle ou de violon, qui, durant les années
1920-1930, ont vu leurs activités diminuer progressivement. D'ailleurs,
nombre d'entre eux adoptent l'accordéon pour garder leur clientèle.
Ce nouvel instrument s'acoquine parfois avec le violon ou la bombarde,
beaucoup plus rarement avec la vielle ou la veuze. Accordéon
et clarinette sont souvent associés en Centre-Bretagne (surtout
autour de Bourbriac), où les deux instruments sont bien appréciés.
Là où les couples biniou-bombarde sont implantés
(Cornouaille, Vannetais), les sonneurs d'accordéon, qui jouent
généralement seuls, sont de plus en plus demandés
pour mener les noces, même les grandes.
Au cours des années 1920 apparaissent de nouvelles occasions
de jouer, tels les petits bals qui se tiennent le dimanche après-midi
ou en soirée dans les salles de café. Arrive aussi la
mode du « jâze », grosse caisse actionnée
par le pied de l'accordéoniste, ce qui permet de marquer plus
fortement la cadence.
Au faîte de sa popularité, vers 1930, l'accordéon
diatonique est omniprésent en Bretagne. Dans plusieurs régions,
il est désormais seul en piste (Ille-et-Vilaine, Trégor).
Là où n'existait pas - ou peu - de tradition instrumentale,
il devient incontournable.
Parmi les innombrables accordéonistes, quelques-uns développent
des styles originaux, adaptés aux vieux fonds de danses locales.
Ainsi en Pays pourlet, autour de Bubry, on va retrouver deux façons
de sonner la gavotte pourlet : l'une, ancienne, au biniou et à
la bombarde, et l'autre, récente et en solo, à l'accordéon
!
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