L'explosion musicale des années 1970  
   
   
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Dans les années 1970, les sonneurs traditionnels reprennent du service, transmettant aux jeunes musiciens tout leur savoir et leur expérience : styles de jeu, répertoires, mais plus encore, l'art de vivre la musique traditionnelle.

Les premiers groupes de fest-noz, dont quelques musiciens ont été formés à l'école des bals musette, tels les Sonerien Du, les Bleizi Ruz ou les Diaouled ar Menez, conservent l'accordéon pour animer les bals bretons.

Le tout premier disque où figurent des sonneurs traditionnels vannetais d'accordéon, c'est celui du Cahier Dastum n°2 (1974), et la toute première fête rassemblant des accordéonistes traditionnels eut lieu en 1973 à Languidic, dans le Vannetais.

En Haute-Bretagne, où n'existe pas d'instrument emblématique, des passionnés se lancent dans des enquêtes approfondies auprès des anciens pour trouver un répertoire de musique et de danses spécifiques, redécouvrant les traditions de vielle, de clarinette, de veuze ou de violon. Mais l'omniprésence de la pratique de l'accordéon diatonique s'impose bien vite à tous les collecteurs de l'époque.

Dès 1976, l'association La Guédenne, de Dinan, publie un premier disque documentaire présentant un « accordéoneux routinier », Amédée Désert, de Plouër-sur-Rance.

L'année suivante, deux excellents sonneurs, Joseph Naël et Louis Rouxel figurent sur le disque Chants traditionnels de Haute-Bretagne, qui réunit une sélection de morceaux interprétés lors des concours de la Bogue d'or de Redon de 1975 et 1976. Leurs airs seront largement repris par les tout nouveaux adeptes du diatonique.

Les musiciens de tradition, souvent âgés, se remettent à jouer et participent à des fêtes locales. L'un d'entre eux, Jean Debeix, devient célèbre, et quatre disques lui sont entièrement consacrés entre 1976 et 1980. Ce fin sonneur participe à des dizaines de fest-noz, tant en Bretagne qu'à Paris. Le « Père Jean » est probablement à l'origine de bien des vocations chez les accordéonistes revivalistes d'alors.

Renforcé par le regain d'intérêt des citadins pour le diatonique, qui voit le jour dans toute la France, le mouvement de collecte s'amplifie en Haute-Bretagne.

Les premiers groupes « folk » gallo intègrent le modèle à 2 rangées, bientôt considéré comme le symbole de la musique de la région.

En 1980, l'association La Bouèze organise à Saint-Brice-en-Coglès la première fête entièrement dévolue aux joueurs d'accordéon, l'Assemblée des bouézous. Il s'agissait de réunir les anciens auprès de qui les premières collectes avaient été faites dans cette partie de la Bretagne.