|
Le mouvement des cercles celtiques et des bagadoù amène
de nombreux jeunes à s'intéresser aux questions bretonnes.
La relance des fest-noz à la fin des années 1950, sous
l'impulsion d'hommes comme Loeiz Roparz et Albert
Trévidic, ainsi que les concours de sonneurs et de chant,
incitent les jeunes musiciens et chanteurs à chercher du répertoire
et à l'utiliser.
Cette époque du redémarrage des fest-noz est déterminante
à de nombreux égards : des collecteurs équipés
de magnétophones commencent à recueillir le répertoire
chanté. C'est le cas de Donatien
Laurent qui, grâce à ses enquêtes menées
en parallèle à des travaux d'archives, peut ainsi éclairer
de nouveaux aspects de l'histoire des gwerzioù ; de Claudine
Mazéas – qui rencontre de grandes chanteuses comme Mme Bertrand
ou Mme Broussot - de Louisette
Radioyes, de René Hénaff en pays bigouden, d'Albert
Trévidic en centre-Bretagne.
La banalisation du magnétophone va faciliter cette démarche
de collecte et lui apporter une nouvelle dimension : la possibilité
de « saisir » le style, l'interprétation,
qui sont intégralement conservés par-delà le moment
de la transmission. Ceci constitue un enrichissement considérable par
rapport au caractère nécessairement réducteur de
la notation écrite.
Ces pionniers de la collecte des années
1955-1965 sont des passionnés solitaires. Ils ne le resteront
pas longtemps, car leurs motivations dépassent le simple réflexe
de sauvegarde. Non contents d'engranger le répertoire, ils souhaitent
participer à la valorisation de sa pratique, voire à le
pratiquer eux-mêmes.
C'est le cas d'Albert
Poulain qui va enregistrer des chansons par centaines, auprès
de parents ou de voisins. Il fera ainsi des émules, comme Albert
Noblet par exemple. Celui-ci organise alors des veillées de collecte,
enregistrant ainsi plusieurs centaines de chansons à partir de
1964.
Patrick Malrieu, un des fondateurs de Dastum, a souvent exprimé
comment le Cercle celtique de Redon l'avait profondément influencé
dans son envie de collecter et de créer une structure autour
du collectage.
Dès 1965, Alain
Le Noac'h et Marc Le Bris commencent leurs enquêtes en Pays
d'Oust et du Lié. C'est aussi dans ces années là
que Jude
Le Paboul et le cercle celtique de Baud vont enregistrer de nombreux
chanteurs et conteurs dans la région de Baud.
D'autres collecteurs, ayant réalisé un travail considérable,
sont moins connus du public. Citons entre autres Pierre Guilleux, Robert
Duplessy.
La plupart des collectes réalisées à cette époque
sont maintenant disponibles à la consultation à Dastum,
mais il reste malheureusement des enquêtes qui ne sont toujours
pas accessibles au public. On peut donc difficilement en parler ni même
présenter sur ce site le travail de ces collecteurs.
|