Les précurseurs du magnétophone 1950-1970
   
    • Ar vatezh vraz


• Dedans la ville de Bayonne


• Flod gwaien


• Belle si j'étais dans ton jardin


• Margodig


• Peus ket soñj plac'hig


• Jeunes gens de ces campagnes


• Trezor tudjentiled


• Ar marc'hadour bihan




 




 

Le mouvement des cercles celtiques et des bagadoù amène de nombreux jeunes à s'intéresser aux questions bretonnes. La relance des fest-noz à la fin des années 1950, sous l'impulsion d'hommes comme Loeiz Roparz et Albert Trévidic, ainsi que les concours de sonneurs et de chant, incitent les jeunes musiciens et chanteurs à chercher du répertoire et à l'utiliser.

Cette époque du redémarrage des fest-noz est déterminante à de nombreux égards : des collecteurs équipés de magnétophones commencent à recueillir le répertoire chanté. C'est le cas de Donatien Laurent qui, grâce à ses enquêtes menées en parallèle à des travaux d'archives, peut ainsi éclairer de nouveaux aspects de l'histoire des gwerzioù ; de Claudine Mazéas – qui rencontre de grandes chanteuses comme Mme Bertrand ou Mme Broussot - de Louisette Radioyes, de René Hénaff en pays bigouden, d'Albert Trévidic en centre-Bretagne.

La banalisation du magnétophone va faciliter cette démarche de collecte et lui apporter une nouvelle dimension : la possibilité de « saisir » le style, l'interprétation, qui sont intégralement conservés par-delà le moment de la transmission. Ceci constitue un enrichissement considérable par rapport au caractère nécessairement réducteur de la notation écrite.

Ces pionniers de la collecte des années 1955-1965 sont des passionnés solitaires. Ils ne le resteront pas longtemps, car leurs motivations dépassent le simple réflexe de sauvegarde. Non contents d'engranger le répertoire, ils souhaitent participer à la valorisation de sa pratique, voire à le pratiquer eux-mêmes.

C'est le cas d'Albert Poulain qui va enregistrer des chansons par centaines, auprès de parents ou de voisins. Il fera ainsi des émules, comme Albert Noblet par exemple. Celui-ci organise alors des veillées de collecte, enregistrant ainsi plusieurs centaines de chansons à partir de 1964.

Patrick Malrieu, un des fondateurs de Dastum, a souvent exprimé comment le Cercle celtique de Redon l'avait profondément influencé dans son envie de collecter et de créer une structure autour du collectage.

Dès 1965, Alain Le Noac'h et Marc Le Bris commencent leurs enquêtes en Pays d'Oust et du Lié. C'est aussi dans ces années là que Jude Le Paboul et le cercle celtique de Baud vont enregistrer de nombreux chanteurs et conteurs dans la région de Baud.

D'autres collecteurs, ayant réalisé un travail considérable, sont moins connus du public. Citons entre autres Pierre Guilleux, Robert Duplessy.

La plupart des collectes réalisées à cette époque sont maintenant disponibles à la consultation à Dastum, mais il reste malheureusement des enquêtes qui ne sont toujours pas accessibles au public. On peut donc difficilement en parler ni même présenter sur ce site le travail de ces collecteurs.