Stivell

 
  Alan Stivell
Avril 1953. A Paris, Georges Cochevelou termine la fabrication de sa première « harpe celtique ». Son fils Alan, âgé de neuf ans, qui étudiait le piano, se prend de passion pour ce nouvel instrument, guidé musicalement par la harpiste Denise Mégevand. Quelques mois plus tard, Alan en joue en public à la Maison de la Bretagne, à Paris. Une vocation est née, qui ne se démentira jamais.

D'ailleurs, de 1953 à 1958, ce jeune harpiste connaît une première période de notoriété, qui le conduira même jusqu'à l'Olympia.
C'est en 1960 que paraissent deux 45-tours chez Mouez-Breiz, où Alan Cochevelou accompagne à la harpe la chanteuse Andrée Le Gouilh. La même année, il enregistre un premier disque solo de harpe, intitulé « Musique gaélique ».

Un mouvement est lancé. Peu à peu, la « harpe celtique » s'implante en Bretagne, grâce à la vingtaine d'exemplaires fabriqués par Georges Cochevelou et ceux du facteur de harpe parisien, M. Martin.
Au milieu des années 1960, Alan Cochevelou participe à la harpe aux « hootnanies » (rencontres informelles entre musiciens et chanteurs revivalistes de toutes origines) qui ont lieu au Centre américain de Paris, vient en Bretagne jouer aux grandes fêtes estivales.
En 1967, il rencontre Dan ar Braz et adopte comme nom de scène Alan Stivell. Son but est de développer le concept de « pop celtique » que l'on va trouver dès 1970 dans son disque « Reflets », où se mêlent harpe celtique et instruments américains.

En 1971, il fait paraître « Renaissance de la harpe celtique », disque qui popularisera cet instrument tant en Europe occidentale qu'aux Etats-Unis ou au Japon. C'est à cette époque qu'il monte un groupe avec Gabriel Yacoub, René Werneer, Dan ar Braz et Michel Santangelli, concoctant une musique bretonne complètement novatrice, arrangée aux goûts du jour. La jeunesse bretonne s'enthousiasme aussitôt, découvrant tout un pan de son héritage culturel réhabilité de manière moderne et vivante, débarrassé de tout folklore et passéisme. Stivell vient d'opérer une rupture salvatrice, tant dans les consciences bretonnes que dans l'opinion française. De négative, l'image de la Bretagne devient positive.

En 1973, l'album « Chemins de terre » est écouté jusqu'à plus soif par les jeunes Bretons, qui se familiarisent aux sonorités de la harpe, présente sur la plupart des titres.

Suivront, jusqu'à aujourd'hui, beaucoup d'autres disques et des tournées dans le monde entier, popularisant partout la « harpe celtique ». Le disque « Harpe du nouvel âge », paru au milieu des années 1980, sera même primé par les producteurs New Age américains.

Maintenant, avec le recul, on mesure l'impact décisif de Stivell sur le développement spectaculaire de la harpe en Bretagne au cours de ces trente dernières années.