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Matilin
an Dall (Mathurin l'aveugle) (1789-1859)
Peu de sonneurs ont marqué aussi fortement leur époque que
Matilin an Dall, devenu un personnage de légende. « Prince
des joueurs de hautbois de la Bretagne » selon Hersart de La
Villemarqué, le célèbre auteur du Barzaz-Breiz,
le « Rossini aveugle des campagnes » selon Jules
Janin, les écrivains romantiques du XIXème
siècle usent de tous les superlatifs pour qualifier ce prestigieux
musicien populaire, ce joueur de bombarde qui sonna - excusez du peu !
- devant Louis-Philippe et Napoléon III.
Aujourd'hui, nombre de chants et d'écrits évoquent encore
cet artiste hors-pair, et à Lorient un concours de sonneurs porte
son nom.
Mathurin Furic est né à Quimperlé en 1789. Devenu
tôt aveugle, il va apprendre la musique pour assurer son futur gagne-pain.
Vers 1815, il est déjà un sonneur de bombarde réputé,
accompagné au biniou par Yann ar Chapel, qui restera son compère
pendant une trentaine d'années.
Matilin an Dall est de toutes les réjouissances, tant en campagne,
aux festoù al leur nevez, tournois de lutte bretonne,
pardons, noces, etc., qu'en ville, aux bals de diverses fêtes et
même aux cérémonies officielles.
Parti quelque temps à Paris en 1847, le roi Louis-Philippe le fait
venir aux Tuileries pour l'entendre jouer. En 1858, Napoléon III
vient en Bretagne, et un grand bal est donné en son honneur à
Quimper, animé, entre autres, par quatre couples de sonneurs, dont
le vieux Matilin. Celui-ci décède quelques mois plus tard,
en janvier 1859.
On raconte qu'il possédait un style fleuri, orné de trilles,
et qu'il a été le premier sonneur à maîtriser
parfaitement le jeu sur l'octave supérieure de la bombarde.

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Heuliad Matilin an
Dall
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Gus
Salaün
Digne représentant d'une famille de musiciens réputés
de Bannalec (son grand-père et son père étaient
déjà sonneurs), « Gus » a mené
sans interruption, jusqu'à son décès à 79
ans, une carrière musicale entamée dès l'enfance.
Au début, il sonne avec son père ou les compères
de celui-ci, Boulic, Guyader, Coroller, et surtout Gestin. Il anime
les noces et sonne aussi aux foires du vendredi de Quimperlé,
ou le samedi lors des fest al leur nevez (« fêtes de l'aire neuve »,
où la danse permet de tasser le nouveau sol en terre battue d'une
maison ou d'une aire à battre le blé).
Dans l'entre-deux-guerres, les sonneurs doivent faire des concessions
à un certain modernisme pour survivre. Cela ne gêne pas
Gus, qui s'adapte facilement et intègre à son répertoire
les nouveaux airs à la mode, du fox-trot à la valse musette,
en passant par la mazurka, la scottisch sans abandonner les gavottes
et les marches traditionnelles.
De même, il pratique différents instruments : il peut laisser
la bombarde pour jouer du violon, de la clarinette ou du cornet à
piston. Il monte d'ailleurs à la fin des années 1920 un
orchestre de danse comprenant, outre la bombarde, accordéon,
trompette, et autres instruments « modernes ».
Très renommé, Gus est demandé dans toute la Cornouaille,
mais aussi dans le Vannetais. Plusieurs fois invité à
la fête de l'Humanité, il est même allé sonner
à Casablanca, en 1933, avec Bodivit.
C'est vers cette époque (en 1931) qu'ils enregistrent à
Paris quatre 78-tours.
Il continue de sonner après la Seconde Guerre mondiale, et est
bien connu de tous les jeunes musiciens des années 1950 et 1960.
Il participe d'ailleurs à plusieurs concours organisés
par la BAS. En parallèle, il tient un café à Bannalec
et est parfois chauffeur de car.
Le style de Gus est tout empreint de virtuosité maîtrisée.
Il se sert de toutes les possibilités techniques de la bombarde.
Impénitent emprunteur d'airs, il a réussi à créer
un style propre à Bannalec, rapide, vif, chatoyant et très
technique.

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Bal
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