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Jean Ogé, né en 1902 en Pays kost er c'hoed, reproduit sur son instrument le répertoire que lui chantaient ses grands-parents au cours des veillées, durant la Première Guerre mondiale. L'accentuation des deux derniers temps de chaque fin de phrase, si caractéristique dans cette région, est renforcée par l'utilisation occasionnelle de la note d'octave donnant une impression de tuilage. Bien que le clavier mélodique de son accordéon soit doté de deux rangées de touches, Jean Ogé ne joue que sur une seule à la fois. Ce jeu détaché apporte toute la nervosité requise dans ce type de répertoire. La phrase mélodique, enrichie d'ornements, n'est pas sans rappeler le jeu des clarinettistes locaux. Plus original est sans doute le tremblement du soufflet sur les notes tenues, dont il faut vraisemblablement rechercher l'inspiration dans la technique vocale des chanteurs de kan ha diskan. En Haute-Bretagne, le jeu particulier du violon, cherchant à monnayer rythmiquement une note tenue en multipliant les coups d'archet, a peut-être influencé l'accordéoniste Jean Manceau qui, dans un jeu croisé, utilise les deux rangs de son clavier. En Pays pourlet, l'influence des techniques de jeu pratiquées par les sonneurs de biniou-bombarde se ressent chez André Royan. Ce dernier reprend sur son diatonique les habitudes de la bombarde cherchant un contrechant au biniou par des passages brusques à l'octave ou à la tierce. Plus nette encore est la nécessité, toujours en pays Pourlet, d'enchaîner quasi systématiquement un pot-pourri d'airs. L'instrumentalisation de la musique de danse y est aussi forte que dans le reste de la Basse-Bretagne. |
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