Yves Menez
Jean Coatéval

 
  Yves Menez (1905-1983)
Certains musiciens virtuoses vont profondément marquer leurs contemporains. Ce sera notamment le cas d'Yves Menez, de Scrignac, dit « Pierre Min ». Imprégné dès son enfance par les airs des chanteurs de kan ha diskan ou des joueurs de treujenn-gaol du pays, fils de chanteurs et chanteur lui-même, il apprend l'accordéon et en joue dans les bals parisiens, où il est parti travailler vers 1930.

De retour au pays en 1935, il devient vite réputé et fonde l'Idéal Jazz. Toute la Montagne va bientôt danser au son du chromatique de Pierre Min, qui a le génie de créer et d'adapter des airs de gavotte sonnant parfaitement sur l'instrument et intégrant les goûts musicaux de l'époque (chromatismes, rythmes syncopés...).

Entre 1935 et 1950, se crée autour de lui, intuitivement, une « école de jeu » qui perpétuera pendant toute une génération son style, ses airs, et donc un riche répertoire de gavottes.

On y trouve Jean Coatéval, Guy Maltret, Yves Le Gac... Les « gavottes à Pierre Min » sont jouées partout, de Brasparts à Callac, avec, dès cette époque, des variantes !

Ce remarquable musicien à la forte personnalité n'a hélas été enregistré qu'à la fin de sa vie, dans les années 1970, alors qu'il avait cessé de pratiquer depuis de longues années.




• Jibidi


• Pachpi

 

  Jean Coatéval (1925-1987)
C'est en 1925 que Jean Coatéval voit le jour, à Huelgoat, dans les monts d'Arrée. Il commence par apprendre le tambour, puis l'accordéon diatonique et finalement le chromatique. A un apprentissage en autodidacte succède une formation en compagnonnage auprès de son aîné de vingt ans, le fameux Yves Menez.

A l'instar de ses aînés, Jean fonde son orchestre musette qui se maintiendra jusqu'en 1966, où, suite à la mort de son père, il doit reprendre en main l'exploitation d'une carrière de granit.

L'orchestre Coatéval continue cependant avec le fils de Jean. Le démon de la musique le reprenant, Jean reforme l'orchestre en 1972, pour finalement arrêter en 1978 pour raison de santé.

En 1984, il autoproduit un disque entièrement consacré à la gavotte, rendant ainsi hommage à son maître Yves Menez, disparu trois mois avant la parution du disque.

Autour de Jean s'est constitué un autre groupe qui pendant treize ans, va contribuer à lancer le phénomène « fest-deiz », véritable engouement populaire dominical, où une certaine génération s'est réapproprié, en la revisitant, une tradition de danse élargie à l'ensemble de la Bretagne, mâtinée de quelques danses « rétro ». Puis, en 1997, Jean s'en est allé rejoindre ses amis Yves Menez, Yves Gac et les autres.