Répertoire
 
 

Les accordéonistes chromatiques reprennent tout naturellement le rôle du sonneur - quand ils n'ont pas déjà mené des noces au diatonique auparavant - et inventent sur leur clavier un jeu adapté pour mener en dro, ridées ou ronds.

Dans les années 1940, le répertoire subit une double influence, rythmique et mélodique. La vogue « swing » apporte le goût pour la syncope, tandis que le « musette » fait découvrir les possibilités chromatiques du nouvel accordéon.

En Basse-Cornouaille, le brillant répertoire local des sonneurs de biniou et de bombarde est plus aisé à interpréter sur un clavier de chromatique que sur celui, bisonore, des diatoniques. Mais dès les années 1940, les gavottes sont délaissées au profit des airs parisiens, javas, tangos, paso-dobles, etc.

La situation est bien différente en Haute-Cornouaille, où le chromatique devient l'instrument obligé pour interpréter les gavottes, contribuant à maintenir le répertoire ancien, encore majoritaire chez les sonneurs, bien au-delà de la Seconde Guerre mondiale.

Dans cette région de la Montagne, chose plus originale, le chromatique donne naissance à un nouveau style d'accompagnement de la gavotte. L'initiateur en est Yves Menez.

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, chansons, danses et musiques traditionnelles font toujours partie de la vie quotidienne. Les innombrables accordéonistes de la première moitié du siècle ont été tout autant imprégnés des derniers airs en vogue à la capitale que du répertoire local, réussissant parfois intuitivement de surprenantes tentatives d'intégration de ces deux mondes musicaux.

Ainsi l'Orchestre d'Yves Richard enregistre-t-il, en 1936, avec banjo, saxophone et chromatique, une magnifique suite de gavottes de l'Aven.

Dans les années 1970, en pays bretonnant, notamment en Haute-Cornouaille et dans le Vannetais, les accordéonistes chromatiques animent encore nombre de noces, ne négligeant pas de sonner gavottes ou laridés à la demande.



 


• Suite d'Avant-deux du pays de Bazouges-la-Pérouse