• Kas ha barh


• Kanaouenn war ar brezel 14


• Kan ar gwin
   

"Qu'est-ce qu'ils jouent faux !" est une remarque courante chez ceux qui découvrent la musique traditionnelle. En réalité, la notion de justesse est propre à chaque culture, à chaque système.

Si nous sommes actuellement acculturés à un diapason fixe (le La à 440 Hertz) et à une échelle particulière, celle mise en place par Jean-Sébastien Bach (1685-1750) pour son Clavier bien tempéré, il n'en est pas de même pour les musiques de tradition populaire. Les références étaient tout autres : "chanter juste"  voulait souvent dire en Bretagne que la voix était maîtrisée. Lorsqu'un chanteur faussait, c'est que son timbre vocal n'était pas homogène, que la voix déraillait parfois.

Ce que l'on entend actuellement par  "être faux" revient en définitive à ne pas être en concordance avec le modèle sonore développé par une culture savante occidentale, à savoir l'échelle tempérée. Or, si l'on élimine cette référence culturelle, l'écart entre les notes de la gamme devient variable, et joue alors un rôle expressif indéniable. Dans ce cas, il s'agit d'une échelle dite "non tempérée".

Il n'en demeure pas moins que deux interprètes jouant ensemble se doivent d'être en phase et donc d'avoir la même échelle, sinon la justesse ferait défaut.