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"Qu'est-ce qu'ils jouent faux !" est une remarque courante
chez ceux qui découvrent la musique traditionnelle. En réalité,
la notion de justesse est propre à chaque culture, à chaque
système.
Si nous sommes actuellement acculturés à un diapason fixe
(le La à 440 Hertz) et à une échelle particulière,
celle mise en place par Jean-Sébastien Bach (1685-1750) pour
son Clavier bien tempéré, il n'en est pas de même
pour les musiques de tradition populaire. Les références
étaient tout autres : "chanter juste" voulait
souvent dire en Bretagne que la voix était maîtrisée.
Lorsqu'un chanteur faussait, c'est que son timbre vocal n'était
pas homogène, que la voix déraillait parfois.
Ce que l'on entend actuellement par "être faux"
revient en définitive à ne pas être en concordance
avec le modèle sonore développé par une culture
savante occidentale, à savoir l'échelle tempérée.
Or, si l'on élimine cette référence culturelle,
l'écart entre les notes de la gamme devient variable, et joue
alors un rôle expressif indéniable. Dans ce cas, il s'agit
d'une échelle dite "non tempérée".
Il n'en demeure pas moins que deux interprètes jouant ensemble
se doivent d'être en phase et donc d'avoir la même échelle,
sinon la justesse ferait défaut.
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