L'Accordéon
En
Bretagne, L'accordéon est considéré,
avec le biniou et la bombarde, comme l'un des instruments
roi de la musique traditionnelle, et nombre de disques bretons
lui sont consacrés. Comment en 100 ans, l'instrument
« moderne », honni des folkloristes,
a-t-il pu devenir, de façon bien inattendue, un des
piliers de la musique bretonne ?
En
vogue dans les salons bourgeois dès 1836, la version
populaire de l'accordéon apparaît à
la fin des années 1860 - début des années
1870 en Bretagne.
Vers
1890, les sonneurs de biniou, bombarde et tambour (« l'orchestre
national breton »), mais aussi ceux de veuze,
vielle, violon ou clarinette, instruments implantés
depuis des décennies, voire des siècles, dans
la vieille terre d'Armorique, se voient soudain concurrencés
par un moderne appareil qui se répand comme une traînée
de poudre, envahissant jusqu'aux moindres communes : l'accordéon
diatonique.
Quarante
ans plus tard, c'est l'accordéon chromatique qui
s'impose avec la même rapidité, supplantant
souvent son prédécesseur.
L'apparition
de l'accordéon coïncide avec l'écroulement
en quelques décennies de la vieille société
rurale. Selon les époques, les lieux, les personnalités
des sonneurs, le consensus régissant les occasions
de fêtes et les danses en usage est encore préservé,
ou au contraire en train d'être bousculé, voire
totalement remis en cause au profit des modes urbaines.