| |
 
La
deuxième moitié du XXème
siècle :
L'explosion musicale des années 1970
Lorsque
apparaît à la fin des années 60 le mouvement
de renouveau des musiques traditionnelles, les jeunes musiciens
qui l'animent se lancent à la recherche des sources
musicales. L'accès aux archives sonores étant
quasi impossible dans les archives institutionnelles, ces
musiciens décident de les constituer par eux-mêmes.
Ils
rejoignent des dizaines de collecteurs amateurs et associations
qui ont entamé, parfois depuis longtemps, des enquêtes
en marge de la recherche officielle. Ainsi se constitue
petit à petit, ou s'amplifie, un phénomène
de collecte privée et associative qui va déboucher
sur des archives importantes.
Toute
cette dynamique est à l'origine de l'association
Dastum.
Dès
sa création en 1972, celle-ci se donne pour but de
recueillir et mettre à disposition de tous le répertoire
breton de tradition orale.
|
|
|
Dès
le départ, il était clair pour les fondateurs
de Dastum que mettre à disposition des références,
ce n'était pas pour les copier à l'identique,
mais pour que la musique qu'ils expriment gardent une originalité,
une couleur, une identité, tout en s'appuyant sur
des sources et non pas à partir de copies de copies,
ou par génération spontanée.
La
magnétothèque nationale bretonne, telle qu'elle
était nommée à l'époque, s'est
constituée à partir de collectes déjà
effectuées par de nombreuses personnes, mais aussi
par les propres collectes de ses membres. Dès le
départ, la volonté de conservation (copies
des originaux), de traitement (description du contenu des
bandes sur des fiches) et de diffusion (les archives sonores
consultables et un disque réunissant les documents
de collectages publié dès la première
année) a été clairement affirmé.
Cela a incité d'une part, les gens qui possédaient
des enregistrements à les confier à Dastum
et d'autre part, de nombreux musiciens à aller eux-mêmes
collecter.
|
|
|
Nombre
de chanteurs et de musiciens éprouvent en effet le
besoin d'avoir accès à des sources pour renouveler
leur répertoire, pour approfondir leur pratique et
ne veulent plus se contenter des airs proposés dans
les concours ou sur les rares disques de l'époque.
De nombreux collecteurs bénévoles participent
aussi à cette entreprise
A
cette époque, on peut citer pour la Haute-Bretagne,
Marcel Colleu dans le Mené, l'association La Guédenne
dans la vallée de la Rance qui sera la première
à publier des enregistrements de Haute-Bretagne.
|
|
|
|
Par
ailleurs, des collecteurs comme Marc Le Bris et Alain Le Noac'h
poursuivent leurs enquêtes et un album est édité
par Dastum en 1976. Leur démarche sert de modèle
à plusieurs personnes qui se mettent à leur
tour à collecter mais aussi à chanter leurs
trouvailles, comme Marie-Noëlle Le Mapihan par exemple.
En
créant le Groupement Culturel Breton des Pays de Vilaine,
et en lançant en 1975 la Bogue d'Or, un concours valorisant
les chanteurs de cette région, Jean-Bernard Vighetti
redynamise le mouvement de collecte autour de Redon. Le flambeau
est repris par une nouvelle génération : Gilbert
Hervieux, Philippe Blouët
Ils engrangent plus de
chants en une décennie que tous les folkloristes haut-bretons
du XIXème siècle réunis !
|
|
|
Citons
aussi l'association « Chom'te » en
pays de Ploërmel, la « Magnétothèque
du Mené », la Bouèze avec Pierrick
Cordonnier et Yves Defrance dans le nord rennais, Raphaël
Garcia et le cercle breton de Nantes dans l'ouest de la
Loire-Atlantique.
À
la fin des années 1970 s'est finalement créé
un réseau d'équipes locales dont les missions
sont centrées autour du collectage et de sa diffusion.
Ainsi en Basse-Bretagne, Dastumerion ar C'hreizteiz, Despunerien
Bro Dardoup, Dastumerien Bro Glazig, Dastum Bro Dreger
enregistrent des centaines d'heures auprès des anciens,
dans les fêtes, concours, festoù-noz.
|
|
|
|
Basse-Bretagne
|
|
|
|