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1821-1895 une photo |
François-Marie Luzel S'il n'a pas été le premier à recueillir la tradition orale en Trégor, François-Marie Luzel aura été incontestablement le collecteur le plus réputé du terroir. Il aura aussi été le plus éclectique puisque sa recherche aura couvert autant les chants que les contes ou le théâtre populaire, sans parler de sa production poétique. Si La Villemarqué a dominé tout le milieu du XIXème siècle, Luzel et ses travaux en marqueront pour une bonne part le dernier tiers. Né à Keramborgne en Plouaret, il est amené à s'intéresser au répertoire populaire, d'une part, tout simplement du fait de la pratique environnante, d'autre part, du fait de l'éclosion littéraire de ces années 1830-40 (Brizeux, Souvestre, Dufilhol, Proux, La Villemarqué ), mais aussi sous l'influence de son oncle, Julien Le Huërou, qui le prend sous son aile pour faciliter ses études à Rennes, en 1835. |
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Sa vie professionnelle fut chaotique en raison de son caractère et il fut muté d'un lieu à un autre que ce soit en tant qu'enseignant, employé, journaliste, juge de paix, archiviste : Lorient, Pontoise, Nantes, Rennes, Quimper, Landerneau, Morlaix, Daoulas. En contrepoint, presque comme aux antipodes de sa vie professionnelle, dès 1845, à 24 ans, il sollicite et obtient une première mission pour « recueillir en Bretagne les anciens chants et poésies inédites de la langue bretonne ». Ses missions s'échelonnent au fil des années : 1864, 1866, 1868, 1870. Il participe à l'enquête lancée par Ampère en 1853 et qui deviendra cet ensemble de six volumes manuscrits connus sous le nom de Poésies populaires de la France. Il y envoie des traductions françaises de chants traditionnels bretons. |
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C'est un ensemble d'environ 500 chansons ou versions qui furent recueillis sur tout le Trégor et édités dans « Gwerzioù Breiz Izel » et « Sonioù Breiz Izel ». Le 1er tome des « Gwerzioù Breiz Izel » paraît en 1868 et amorce la fameuse querelle du Barzaz Breiz. Le 2ème tome paraîtra 6 ans plus tard en 1874. Les deux recueils des « Soniou Breiz-Izel » paraîtront en 1890 et 1891. La bibliographie de Luzel est imposante. Sa quête de la tradition populaire a laissé un volume impressionnant d'ouvrages. Le théâtre populaire de langue bretonne fut l'objet de ses premières missions officielles. Pour les contes, c'est tout au long de sa vie (de 1847 à 1892) que François-Marie Luzel s'est attaché à recueillir et là, les éditions furent nombreuses (150 contes). Les trois des sources les plus importantes dans ce domaine sont : Marc'harit Fulup de Pluzunet, Barbe Tassel de Plouaret et Guillaume Garandel du Vieux-Marché. Lui aussi fut aidé dans ses collectes, en particulier par Anatole Le Braz (1859-1926) qu'on voit intervenir dans l'édition des Sonioù, mais aussi par le père de ce dernier, Nicolas Le Braz, qui fit bénéficier Luzel de ses propres collectes dans la région de Saint-Servais. |
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